60 milliards d’euros : c’est le volume colossal brassé par les renégociations de crédits immobiliers en 2020. Cette année-là a vu des taux au plancher, et la tendance ne faiblit pas. Mieux, certaines banques coupent encore dans le vif. Les chiffres collectés par plusieurs intermédiaires, et compilés par Better Live Your Money, sont sans appel : début 2021, les taux moyens proposés par les courtiers tournent autour de 0,86 % sur 15 ans, 1,03 % sur 20 ans, 1,29 % sur 25 ans. Pour les emprunteurs, le moment est propice : renégocier ou faire racheter son prêt peut générer de vraies économies.
Plus de 2 % d’intérêt ? La renégociation devient pertinente
Ceux qui ont signé à plus de 2 % il y a quatre ou cinq ans se retrouvent face à une possibilité réelle de gain. Sandrine Allonier, directrice des études chez Vousfinancer, précise : « On vise en général un écart d’un point entre l’ancien crédit et les taux actuels pour que l’opération paie, en tenant compte des frais qui peuvent grimper jusqu’à 3 % du capital restant. » Et si vous avez un prêt récent, supérieur à 300 000 euros ou s’étalant sur plus de 20 ans, parfois 0,7 point de différence suffit. Chaque cas mérite d’être étudié, car une opportunité de gagner sur le coût total du crédit peut surgir là où on ne l’attend pas.
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À titre d’exemple, les crédits signés depuis moins de cinq ans méritent aussi le détour. Pourquoi ? Parce que c’est au début du remboursement que la part des intérêts dans la mensualité pèse le plus lourd. Sur un prêt de plus de 20 ans, les premiers versements comportent parfois jusqu’à 50 % d’intérêts, et ce chiffre atteint même 60 % pour un crédit de 25 ans. Voilà pourquoi les premières années restent la fenêtre idéale pour agir.
Rachat de crédit : plusieurs pistes à explorer
Lorsqu’on envisage un rachat de prêt par une autre banque, plusieurs options s’offrent à vous. Voici les principales stratégies à considérer :
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- Conserver la durée restante du remboursement, ce qui permet d’abaisser le montant des mensualités grâce à la baisse du taux.
- Réduire la durée du prêt tout en gardant la même mensualité, ce qui permet de solder son crédit plus vite.
- Allonger la durée de remboursement, jusqu’à 5 ans supplémentaires chez certains partenaires, pour alléger encore la charge mensuelle.
Sandrine Allonier détaille l’intérêt de cette dernière alternative : une banque qui accepte de rallonger le prêt peut offrir un vrai bol d’air au budget mensuel, voire créer une capacité d’investissement supplémentaire pour de nouveaux projets, comme l’acquisition d’un bien locatif.
Mais comment procéder concrètement lorsqu’une simulation met en lumière un écart de taux favorable ? Première étape : faire jouer la concurrence. Même à des niveaux historiquement faibles, les taux varient d’une enseigne à l’autre, selon les profils et les situations. Préparer son dossier est aussi indispensable. Les banques exigent plusieurs pièces : les trois derniers relevés de compte, les trois dernières fiches de paie (ce qui peut compliquer la tâche en cas de chômage partiel) et, surtout, le document de remboursement pour connaître le capital restant dû, un papier parfois long à obtenir.
Attention, cependant : des frais sont à prévoir. Il faudra s’acquitter de pénalités de remboursement anticipé auprès de la banque quittée (généralement 3 % du capital restant ou 6 mois d’intérêts), sans oublier les frais de dossier et de garantie pour le nouveau crédit. Mais bonne nouvelle : réduire la durée de son prêt tout en maintenant le même niveau de mensualité devient enfin accessible. Et cerise sur le gâteau, depuis peu, changer d’assurance emprunteur est aussi bien plus simple, ce qui permet de faire baisser encore la note globale.
Renégocier son crédit, c’est refuser de laisser filer des milliers d’euros. À chaque taux qui glisse, une occasion surgit de réécrire le scénario de son budget. Reste à saisir le bon moment, et à transformer l’opportunité en véritable levier financier.

