vendredi 9 septembre 2011

L'immobilier francilien devrait ralentir au second trimestre selon les notaires

Très dynamique au premier semestre, le marché immobilier en Ile-de-France devrait ralentir d'ici la fin de l'année, freiné par la dégradation de la conjoncture et le durcissement de la fiscalité, ce qui pourrait porter un coup d'arrêt à la hausse des prix à Paris, estime la Chambre des notaires de la capitale.


Ce retournement de tendance, favorisé par les inquiétudes liées à la modification annoncée du régime des plus-values, serait d'autant plus brutal que les prix dans la capitale affichaient au deuxième trimestre une hausse de 22,5% sur un an, "la plus forte progression constatée dans Paris depuis 20 ans", précise leur note de conjoncture publiée jeudi.

Le prix du mètre carré parisien a atteint 8.150 euros en moyenne sur avril-juin, soit une hausse de 4,6% par rapport au premier trimestre.

Pour l'ensemble de l'Ile-de-France, la hausse ressort à 3,5% d'un trimestre sur l'autre (+17,3% sur un an) et porte le prix du m2 à 5.480 euros.

Signe précurseur d'un changement de tendance, les volumes sont loin d'avoir suivi la même courbe que les prix. Par rapport au deuxième trimestre 2010, ils n'augmentent que de 2% sur Paris et de 1% pour l'ensemble de la région.

Et pour les seuls appartements, les volumes ont même chuté de 12% à Paris et de 8% en Ile-de-France.
"Les premières tendances sur l'été montrent que les volumes de ventes s'érodent très sensiblement", soulignent les notaires et "cette tendance s'est accentuée depuis le retour des vacances".

UNE PAUSE "SALUTAIRE" POUR LES PRIX ?


Dans un contexte économique et financier défavorable à des acquisitions, "le projet de réforme des plus-values immobilières suscite de vives inquiétudes et s'est traduit par le retrait de nombreux projets de vente", ajoutent-ils.

Ils anticipent ainsi une interruption de la hausse des prix de vente à Paris en octobre. Une pause qui serait "salutaire" selon eux du fait du niveau actuel des prix et de l'accumulation de hausses des derniers trimestres.

Le nouveau régime des plus-values sur les résidences secondaires et l'immobilier locatif devrait évidemment favoriser ce coup de frein.

Car les amendements apportés au plan Fillon par les députés ne devraient guère atténuer l'impact de la mesure sur la psychologie des vendeurs potentiels.

Selon une étude publiée jeudi par Particulier à particulier (Pap), le niveau d'imposition des plus-values en fonction de la durée de détention du bien serait, avec le régime voté mercredi, quasiment identique à celui prévu par le projet initial.

"Si vous détenez un bien depuis plus de cinq ans et moins de trente ans, dépêchez-vous de vendre !", conclut PAP.

Le marché immobilier pourrait en outre se voir privé du soutien que lui avait apporté en début d'année la baisse des coûts du crédit. Selon le courtier Empruntis, les banques n'ont en effet pas répercuté ces derniers mois la baisse des taux longs de marché, profitant de celle-ci pour reconstituer leurs marges.
Le rendement de l'OAT à 10, l'obligation d'Etat de référence en France, est tombé sous 2,60% ces derniers jours FR10YT=RR contre 3,80% en avril.

Source : Reuters

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